Elie est un des premiers prophètes et une des plus importantes figures de l’Ancien Testament. On trouve son histoire du 1er livre des Rois, chapitre 17 au 2ème chapitre du 2ème livre des Rois.
ll vit à l’époque du roi Acab, roi d’Israël ( IXème siècle avant JC)
et est originaire de Tishbé, c’est tout ce que nous savons de lui.
Les ermites du Mont Carmel arrivés avec les croisades, se sont installés près de la source de St Elie au mont Carmel et ont trouvés dans cette figure biblique l’inspirateur de leur mode de vie.
Elie au torrent de Kerit
La parole du Seigneur fut adressée à Elie en ces termes :
Premier livre des Rois 17,2-6
« Va-t’en d’ici, dirige-toi vers l’orient et cache-toi
au torrent de Kerit, qui est à l’est du Jourdain.
Tu boiras au torrent et j’ordonne aux corbeaux de te donner à manger là-bas. »
Il partit donc et il fit comme Seigneur lui avait dit et alla s’établir au torrent de Kerit, à l’est du Jourdain. Les corbeaux lui apportaient du pain le matin et de la viande le soir, et il buvait au torrent.
Elie est l’archétype du moine. Il part sur la parole de Dieu, seul. Pour les ermites du Carmel, être caché en Kerit, c’est le nécessité pour les moines de s’enfoncer dans la charité : aimer Dieu de tout son coeur. Cela demande du temps et l’éloignement du monde : » il faut se diriger vers l’orient » et passer à « l’est du jourdain », c’est à dire lutter contre soi-même. Il faudra aussi persévérer dans l’humilité, symbolisée par la viande apportée par les corbeaux. Pourquoi tout cela ? Afin de boire au torrent de la joie et de la contemplation de Dieu !
Elie au Carmel
Acab convoqua tout Israël et réunit les prophètes sur le mont Carmel. Élie se présenta devant la foule et dit : « Combien de temps allez-vous danser pour l’un et pour l’autre ? Si c’est le Seigneur qui est Dieu, suivez le Seigneur ; si c’est Baal, suivez Baal. » Et la foule ne répondit mot. Élie continua : « Moi, je suis le seul qui reste des prophètes du Seigneur, tandis que les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante. Amenez-nous deux jeunes taureaux ; qu’ils en choisissent un, qu’ils le dépècent et le placent sur le bûcher, mais qu’ils n’y mettent pas le feu. Moi, je préparerai l’autre taureau, je le placerai sur le bûcher, mais je n’y mettrai pas le feu. Vous invoquerez le nom de votre dieu, et moi, j’invoquerai le nom du Seigneur : le dieu qui répondra par le feu, c’est lui qui est Dieu. » La foule répondit : « C’est d’accord. »
1 Rois 18, 20-25; 36-39
À l’heure du sacrifice du soir, Élie le prophète s’avança et dit : « Seigneur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, on saura aujourd’hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur, et que j’ai accompli toutes ces choses sur ton ordre. Réponds-moi, Seigneur, réponds-moi, pour que tout ce peuple sache que c’est toi, Seigneur, qui es Dieu, et qui as retourné leur cœur ! » Alors le feu du Seigneur tomba, il dévora la victime et le bois, les pierres et la poussière, et l’eau qui était dans la rigole. Tout le peuple en fut témoin ; les gens tombèrent face contre terre et dirent : « C’est le Seigneur qui est Dieu ! C’est le Seigneur qui est Dieu ! »
Les deux devises du Carmel sont deux cris d’Elie qui résument l’idéal carmélitain : « Il est vivant le Seigneur devant qui je me tiens ! » (1R 17,1 ;18,15) et « Je brûle de zèle pour le Seigneur, Dieu de l’univers ! » (1R 19, 10.14). Le zèle missionnaire pour la gloire de Dieu et le salut du monde sont le feu qui brûle au coeur de l’ordre. C’est l’esprit prophétique qui colore la spiritualité. Mais ce zèle ardent est au service de Dieu et non au notre. Comme Elie qui n’hésite pas à faire tomber le feu du ciel mais qui tremble devant la reine Jézabel, nous avons chacun à passer par la purification du désert !
Jézabel envoya un messager dire à Élie : « Que les dieux amènent le malheur sur moi, et pire encore, si demain, à cette heure même, je ne t’inflige pas le même sort que tu as infligé à ces prophètes. » Devant cette menace, Élie se hâta de partir pour sauver sa vie. Arrivé à Bershéba, au royaume de Juda, il y laissa son serviteur. Quant à lui, il marcha toute une journée dans le désert. Il vint s’asseoir à l’ombre d’un buisson, et demanda la mort en disant : « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères. » Puis il s’étendit sous le buisson, et s’endormit. Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange ! » ( 1 Rois 19, 3-7)
Elie à l’Horeb
Le Seigneur dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère. Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne.
1 Rois 19, 11-13
« Se tenir devant la Face du Dieu vivant, telle est notre vocation » (Edith Stein) Chercher sa Face, non dans les grandes choses bruyantes mais Le découvrir dans l’humble quotidien qui ne fait pas de bruit. Cela demande de se laisser dépouiller des représentations que nous avons de Dieu pour se laisser surprendre par la nouveauté éternelle de son amour.
« Nous avons reconnu l’Amour de Dieu et nous y avons cru. »
1 Jean 4, 16

