Jean Baptiste, voix qui crie dans le désert

Jean Baptiste, ce Prophète, ou plutôt cet homme, qui était plus qu’un Prophète, a mérité d’être prédit longtemps d’avance par un Prophète :
« Voix de celui qui crie dans le désert : préparez les chemins du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Toute vallée sera comblée ; monta­gnes et collines seront abaissées, les chemins tortueux seront redressés, ceux qui étaient raboteux seront apla­nis. Et toute chair verra le salut de Dieu. »

Le disciple écoute le maître ; il est debout parce qu’il l’écoute, car s’il refuse de l’écouter sa chute est certaine. Ce qui relève à nos yeux la grandeur de Jean, c’est qu’il pouvait être pris pour le Christ et que, cependant, il pré­féra rendre témoignage à Jésus-Christ, proclamer sa grandeur et s’humilier, que de passer pour lui et se trom­per lui-même en trompant les autres.

C’est donc à juste titre que Jésus dit de lui qu’il était plus qu’un Prophète. Le Seigneur, parlant lui-même des Prophètes qui ont pré­cédé son avènement, s’exprime en ces termes : « … beau­coup de Prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu. »
En effet, ces hommes saints, remplis de l’Esprit de Dieu pour annoncer l’avènement du Christ désiraient ardemment, s’il était possible, jouir de sa présence sur la terre. (…)
C’est sur les bords du Jourdain que Jean vit le Sauveur. Il le vit, le reconnut et lui rendit témoignage. Jean s’humilia devant la gran­deur du Seigneur pour mériter que son humilité fût rele­vée par cette grandeur… « Je ne suis pas digne, dit-il, de dénouer la courroie de ses sandales. »

…Sermon de St Augustin d’Hippone (354-450) Trad J.R Bouchet