Le visage indicible

Marc en nous parlant des vêtements de Jésus nous dit : « ses vêtements devinrent resplendissants, si blanc, qu’aucun foulon sur la terre ne peut blanchir ainsi ».

Alors que Marc ne décrit pas le visage de Jésus, qui est plus important que son vêtement. Pourquoi donc ?

Parce que ce visage est celui de Dieu, et qu’il est tout aussi indicible que Dieu est indicible.

Rapprochons ce texte avec certains de l’Ancien Testament.

Dans Ésaïe 6, 1 lorsque Dieu apparaît à Ésaïe, celui-ci parle du vêtement de Dieu, mais pas de son visage : « Je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé, les pans de sa robe remplissaient le temple ». Il est indescriptible.

Même les séraphins se voilent la face pour ne pas voir le visage de Dieu (cf. 6, 2). Nul ne peut voir Dieu et vivre, est-il dit à Moïse qui voulait voir le visage de Dieu (Ex 33, 20).

Dans un psaume il nous est dit que Dieu « s’enveloppe de lumière comme d’un manteau » (104, 2).

Daniel 7, 9 dit de Dieu : « Son vêtement était blanc comme la neige et les cheveux de sa tête comme de la laine pure ».

A chaque fois il n’est question que des vêtements.

Les trois disciples ont vu le Christ dans sa divinité et non rien pu dire de son visage. Voyant le Christ transfiguré, « ils étaient saisis d’une très grande crainte », la sainte crainte que l’on éprouve devant Dieu. Jésus est Dieu et Dieu est invisible, indescriptible, indicible, inimaginable… au-delà de tout.

Jean lui-même n’est pas parvenu à dire l’indicible : « nous avons contemplé sa gloire » (Jn 1.14), « nous avons contemplé » (I Jn 1.1).

La transfiguration en grec métamorphoô signifie qu’une forme se trouve en communion avec une autre forme, ou encore qu’une nature se trouve en communion avec une autre. Dans le cas de Jésus, il s’agit de sa nature divine en communion avec sa nature humaine. Jusque-là les disciples ne voyaient que la nature humaine de Jésus, sur la montagne, il leur a été donné de voir aussi sa nature divine.

Et c’est parce qu’ils ont vu cette réalité divine de Jésus que son visage est devenu indescriptible et ses vêtements en ont été transformés : ils sont devenus blancs, comme jamais.

Cf D. Bourguet