2ème Dimanche d’Avent

« Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits les sentiers de notre Dieu. » Cette parole montre clairement que les évènements prophétisés ne se produiront pas à Jérusalem mais au désert; c’est là que la gloire du Seigneur apparaîtra et que toute chair aura connaissance du salut de Dieu. Et c’est ce qui s’est accompli réellement et littéralement lorsque Jean-Baptiste proclama dans le désert du Jourdain que le salut de Dieu se manifesterait, car c’est là que le salut de Dieu est apparu. En effet, le Christ avec sa gloire s’est fait connaitre à tous: lorsqu’il eut été baptisé, le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombe et y demeura; et la voix du Père lui rendit témoignage : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ». Le prophète parlait ainsi parce que Dieu devait résider dans le désert, qui est inaccessible au monde. Toutes les nations païennes étaient désertées par la connaissance de Dieu et toutes étaient inaccessibles aux justes et aux prophètes de Dieu. C’est pour cela que cette voix ordonne de préparer le chemin au Verbe de Dieu et de rendre unie la route inaccessible et raboteuse afin que notre Dieu, en venant résider chez nous, puisse y avancer. « Préparez le chemin du Seigneur »: c’est la prédication évangélique et la nouvelle consolation qui souhaite que le salut de Dieu vienne à la connaissance de tous les hommes .

Commentaire d’Eusèbe de Césarée

1er dimanche d’Avent

Il y a une triple venue du Seigneur.

Dans sa première venue, il a paru sur la terre et il a vécu avec les hommes. Ils l’ont vu et l’ont pris en haine.

Lors de sa dernière venue, toute chair verra le salut de notre Dieu et ils regarderont celui qu’ils ont transpercé.

La venue intermédiaire, elle, est cachée: les élus seuls la voient au fond d’eux-mêmes et ils sont sauvés.

Ainsi donc il est venu d’abord dans la chair et la faiblesse; puis, dans l’entre-deux, il vient en esprit et en puissance; enfin il viendra dans la gloire et la majesté.

Cette venue intermédiaire est vraiment comme la voie par laquelle on passe de la première à la dernière.
Dans la première, le Christ fut notre rédemption; dans la dernière il apparaîtra comme notre vie; et entre-temps il est notre repos et notre consolation.

Pour que personne ne pense que cette venue intermédiaire est de notre invention, écoutons ce que le Seigneur dit lui-même: “Si quelqu’un m’aime, il gardera mes paroles, mon Père l’aimera et nous viendrons à lui”.

Comment te faut-il garder la Parole de Dieu ? Fais-la entrer dans la profondeur de ton âme, puis qu’elle passe dans les mouvements de ton coeur et dans ta conduite.

Si tu t’es mis à garder en toi la Parole de Dieu, nul doute qu’elle ne te garde aussi. Le Fils viendra à toi avec le Père.
Il faut que le Christ occupe toute la place, lui qui a créé l’homme dans sa totalité, qui le rachète intégralement et le glorifie dans son entièreté.

SAINT BERNARD : SERMON POUR L’AVENT

4ème Dimanche d’Avent

« La bonté divine, frères très chers, nous invite, pour le salut de nos âmes, aux joies de la béatitude éternelle, comme vous l’avez entendu dans la lecture qui nous occupe, où l’Apôtre disait : Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. Les joies du monde tendent à la tristesse ; mais les joies conformes à la volonté de Dieu attirent aux biens durables et éternels ceux qui y persévèrent. C’est pourquoi l’Apôtre ajoute : Je le répète, réjouissez-vous. »

[…] Que votre sérénité soit connue de tous les hommes : c’est-à-dire que votre conduite sainte ne doit pas seulement apparaître devant Dieu, mais aussi devant les hommes, pour donner un exemple de sérénité et de réserve devant tous ceux qui demeurent avec vous sur la terre, ou encore pour laisser un bon souvenir devant Dieu et les hommes.

Le Seigneur est proche : ne soyez inquiets de rien : le Seigneur est toujours proche de ceux qui l’invoquent avec sincérité, avec une foi droite, une espérance ferme, une parfaite charité : car il sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez : Il est toujours près à secourir, dans n’importe lequel de leurs besoins, ceux qui le servent fidèlement. Aussi, lorsque nous voyons que le malheur est imminent, nous n’avons pas à nous faire de grand souci, puisque nous devons savoir que Dieu est pour nous un défenseur tout proche, selon cette parole : Le Seigneur est proche de ceux dont le cœur est angoissé, et il sauvera ceux dont l’esprit est abattu. Les angoisses sont nombreuses pour les justes mais de toutes le Seigneur les délivrera [Ps 34]. Si nous nous efforçons d’accomplir et de garder ce qu’il prescrit, il ne tardera pas à s’acquitter de ses promesses.

Mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes : nous ne devons pas, si nous sommes accablés d’épreuves, les supporter avec récriminations et tristesse, loin de là, mais avec patience et bonne humeur, en rendant grâce à Dieu en tout temps et à propos de tout. »

Homélie ancienne sur Philippiens 4,4